Les ingrédients du stade qui pue… le foot

– Opinion –

Depuis la reprise du championnat, l’échelle du stade correspond à celle de ton écran de TV. Pas de fumigènes, une pelouse bien éclairée et des panneaux publicitaires très visibles, triste… A contre-courant, j’ai demandé à Rudi Katusic, membre des Socios, de citer les ingrédients déterminants pour faire vibrer ce passionné des stades. Les voici: lignes d’architecture rappelant les vieux stades anglais, résonance des chants, proximité du terrain. Nostalgie.

– Grille de lecture –

Rudi a visité presque 3.000 stades à travers l’Europe et distingue 4 grandes catégories:

  1. Rénovation soft – Les vieux stades auxquels on a peu touché. Ils ont une âme mais manquent souvent de confort. On en voit de moins en moins mais ce sont ceux dans lesquels on vibre le plus.

2. Semi-nouveaux – La recherche de l’équilibre entre: identité-ambiance-histoire et confort. Transformé en profondeur, ce stade conserve quelques caractéristiques du précédent.

3. Complètement refait ou « brand new » – L’immense majorité de ces stades sont certes confortables mais architecturalement insipides, manquent d’ambiance et se ressemblent tous.

4. Œuvres d’art – Tu sens bien que les architectes ont fait un effort. Visuellement réussis, ces stades ne « puent » pas le football populaire car trop aseptisés.

– Conclusion –

Après une demi-saison sans public, on exècre déjà les stades complètement refaits. Selon tes préférences, les semi-nouveaux ou les œuvres d’art pourraient te plaire. Les stades légèrement rénovés ont la préférence de Rudi mais pas des présidents de clubs, qui veulent souvent marquer leur passage et privilégient l’aspect financier. Des exemples existent où les aspects culturels ont été conservés. S’en inspirer permettra d’éviter la construction d’un nouvel « éléphant blanc ».

Liège est notre Rome, Sclessin notre Coliseum

– Opinion –

Un stade fermé comme celui du Bayern, non merci. Nous ne voulons pas d’un stade qui nous tournerait le dos quand nous buvons des bières au Bois ou à l’Enfer…

Grand Théâtre – Pompéi

– Contexte –

Le projet immobilier du Standard et son nouveau stade font la une. Pour que Sclessin reste emblématique ? Dans les documents du Comité International Olympique, on évoque la notion de legacy (héritage). Le stade doit intégrer les aspects culturels du territoire.

– Conclusion –

Ce que notre stade doit garder:

  1. Sa verticalité…
  2. Des ouvertures (comme de part et d’autre de la T1)
  3. L’empreinte des supporters (ex: la fresque où j’ai ma céramique)

La T2? Vous pouvez la raser! Partons des joueurs. Bâtir autour d’eux pour qu’ils puissent réaliser des performances. Que voient-ils quand ils courent? Le Terril, la Meuse, le Haut-Fourneau B. Alors un nouveau stade? Oui, mais les yeux toujours rivés sur notre cité!

Le Standard et Charleroi se sont encore fait fumer

– Opinion –

Je me souviens d’un match de Udinese au Stadio Friuli, à l’époque de Régis Genaux. Il faisait jour. C’était le vieux stade, il n’y avait pas de toit au-dessus des tribunes derrière le but. A travers la fumée des fumigènes, on devinait la ville, on entendait les chants des supporters, ça te foutait littéralement les poils!

– Contexte –

Résultat sportif du dernier derby wallon le 1er mars: défaite 2-0 à Charleroi. Comme souvent, dans les tribunes on gagne le match. Les deux clubs seront-ils mis à l’amende pour « utilisation de matériel pyrotechnique par les supporters ». Si c’est le cas, je crois que notre Président va demander un étalement.

– Conclusion –

Les nouveaux stades dits ultra-modernes permettent de satisfaire les spectateurs ayant accès au match via un média, au détriment des personnes présentes sur place dans et en dehors du stade. Ok, John s’impatiente dans son fauteuil… Ça l’embête d’attendre un peu, le temps que la fumée se dissipe? Je crois qu’il est bon de rappeler que s’il n’y a personne dans les stades, il n’y aura bientôt plus personne devant les télés. On parie?