Et si le prochain départ au Standard était celui de Roland Duchâtelet et la prochaine arrivée celle des supporters ?

Communiqué du 5 juin 2013

Initiative  des « socios » : « Nous voulons TOUJOURS racheter le Standard ! »

Il y a un peu moins de deux ans (le 15 juin 2011), était lancée l’initiative « Nous voulons racheter le Standard » qui proposait qu’une partie importante du Standard de Liège, institution phare de la région liégeoise, puisse être achetée par ses propres supporters sur le principe des « socios », une pratique déjà en place au Portugal et en Espagne pour des clubs qui, comme le Standard, jouissent d’un important soutien populaire. L’idée était la création d’une société coopérative (SCRL), c’est-à-dire une association de personnes partageant une identité et un projet collectif avant d’être une mise en commun de capitaux, détenue par les supporters eux-mêmes qui achèteraient tout ou partie du club.

Malheureusement, malgré plus de 5500 souscripteurs et des promesses d’achats de parts pour un montant avoisinant 3.25 millions d’euros récoltés en à peine une semaine, cet élan populaire n’a pas été entendu par la direction et les propriétaires du Standard, et le club a été racheté par Roland Duchâtelet pour une somme non communiquée  mais estimée à 32 millions d’euros.

Deux ans plus tard, plusieurs des craintes qui étaient les nôtres se confirment. Par nature, les supporters constituent des investisseurs stables, soucieux de pérenniser le club et d’intensifier son ancrage local et son action sociale.  Au contraire, le nouveau propriétaire du club a vendu pour environ 40 millions d’euros de joueurs, les meilleurs joueurs quittant le club à chaque mercato (Steven Defour et Eliaquim Mangala à Porto pour 12.5 millions, Axel Witsel à Benfica pour 8 millions, Mehdi Carcela à Anzhi Makhachkala pour 9.1 millions, Christian Benteke à Genk pour 1.5 millions, Felipe Trevizan à Hanovre pour 2 millions, Mémé Tchite à Bruges pour 1.2 millions, Gohi Bi Zoro Cyriac à Anderlecht pour 2 millions) et n’a même pas investi 40% de cette somme selon les chiffres relayés par la presse (14 millions d’euros). Comme en témoigne la somme de 20 millions d’euros récemment retirée des caisses du club, ou le « salaire » mirobolant (de l’ordre d’un million d’euros l’an dernier et de deux cette année selon nos sources) que s’octroie Roland Duchâtelet via une de ses sociétés (car il y a bien UN gros salaire au Standard), ce dernier rembourse à grande vitesse son investissement de départ aux dépens de la qualité de l’équipe. Par ailleurs, les organes de décision s’éloignent du club et de Liège, en témoigne le licenciement de Pierre François remplacé par la holding ELEX ainsi que divers départs (moins médiatisés) au sein de l’Académie qui forme les jeunes joueurs. Enfin, et ceci est la conséquence de cette politique, le divorce entre le club et les supporters est grandissant.

Même si les droits télévisés et le sponsoring représentent des apports importants, l’apport financier des supporters (via la billettique et le merchandising) reste déterminant dans l’équilibre financier du Standard. Nous pensons que les supporters doivent avoir leur mot à dire dans la gestion du club. Nous pensons aussi qu’un grand club de football est un acteur social important qui ne peut être conduit par la seule recherche du profit financier. Nous voulons défendre et développer l’ancrage local et régional du Standard ainsi que son rôle social, notamment à travers la formation des jeunes.

A l’issue de notre tentative avortée de juin 2011, nous écrivions «  ce que nous avons semé germera ». Il nous semble que le temps est venu de passer à l’action en mettant concrètement en place la structure coopérative proposée.

Cette initiative doit être celle des supporters et ne réussira qu’avec le soutien des clubs de supporters et de la Famille des Rouches. Dans les prochains jours, des contacts seront officialisés afin de voir comment avancer ensemble sur ce projet et d’être prêt d’ici un an à prendre au mot monsieur Duchâtelet qui s’est dit disposé à céder le club si se poursuivait sa régression actuelle.

Nous lançons également un appel à nous soutenir et à nous rejoindre à toute force vive de la région qui veut défendre ce fleuron sportif, économique et social liégeois.

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